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Voyage microscopique au centre du bois

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Paris, 27 septembre 2010 - Nombreux sont aujourd’hui les signes d’alertes qui nous interpellent sur les dangers d’une exploitation excessive de la forêt. Nous avons tous en mémoire les multiples  images diffusées sur les médias (les dernières en date diffusées sur TF1 samedi 24 septembre) soulignant les dangers d’une déforestation continue préjudiciable à l’équilibre de notre planète. Qu'en est-il exactement ?

 

Fotolia 10017097 M

© James Thew - Fotolia.com

 

La forêt française a doublé sa surface au cours des 150 dernière années

 

La situation de la forêt est très différente d’un point à l’autre du globe. Si la forêt subtropicale subit les pires outrages, souvent au profit de la pratique d’une agriculture intensive, en revanche la forêt des zones tempérées apparaît comme un espace en fort développement. Telle est l’image qui se dessine à l’observation de la forêt française. Notre espace forestier n’a cessé de progresser au cours des 160 dernières années. Si la forêt ne couvrait en 1850 que 9 millions d’hectares, elle recouvre aujourd’hui quelques 16 millions d’hectares (30% de la superficie de la France). La progression a particulièrement été spectaculaire dans la seconde moitié du XXe Siècle au cours de laquelle les surfaces boisées se sont accrues de plus de 50% passant de 11 millions en 1950 à 17 millions d’hectares en 2004 (sources Agreste). Cette évolution a été particulièrement mise en valeur dans la revue n° 178 d’Agreste Primeur publiée en mai 2006 ( http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/primeur178.pdf ).  Ses auteurs parlent d’une « forêt en mouvement » et n’hésitent pas à écrire « Loin d’être un ensemble figé, la forêt française s’étend par colonisation naturelle ou plantations … ». 

 

La forte progression de la forêt a été proportionnelle aux vagues d’exode enregistrées dans la plupart des territoires ruraux depuis 1950 à l’image du grand Massif Central qui concentre aujourd’hui les plus gros volumes de bois disponibles. Comme il est indiqué dans la revue Agreste Primeur n° 178 « Cet accroissement fait suite aux nombreuses plantations, essentiellement résineuses, effectuées depuis la libération ».

 

C’est dans la seconde partie du XXe Siècle que se développe également le volume des récoltes de bois qui permet à la France de livrer chaque année, selon les estimations du Ministère de l’Agriculture, quelques 60 millions de m3 de bois toutes essences et catégories confondues. Le développement des forêts au profit des conifères « contribue aussi à la réduction du déficit chronique des échanges extérieurs de sciages » dans un marché international qui privilégie les essences résineuses au détriment des feuillus dont les débouchés ne cessent de se réduire.


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Repeuplement de résineux dans le Morvan - Photo Pascal JACOB


L’augmentation de la récolte de bois ne profite pas pour autant au développement des activités de sciages dans un pays mal préparé aux attentes du marché. La France se voit contrainte  chaque année d’importer près de 4 millions de m 3 de sciages résineux. (Cf. l’article publié le 25 août 2010 : Forêt et bois, le paradoxe français : La production de sciage régresse de 10% alors que les importations augmentent de 20% ...)

 

Cette situation plaide en faveur de l’implantation sur le territoire national de véritables complexes bois en capacité de répondre aux besoins et attentes d’un marché demandeur de sciages. Cela demande également de récolter davantage ou de réorienter sur le territoire national une partie des volumes bois ronds exportés sans transformation (cf. article paru le 12 septembre 2010 : : " Mais où filent donc nos résineux ? "

 

N’y –t-il pas danger de voir se réduire les surfaces forestières ?

 

Selon les mêmes auteurs de la revue Agreste Primeur n° 178 «  L’augmentation de la récolte de bois ne met pas pour autant en danger les productions futures » et d’ajouter qu’au rythme des prélèvements de bois par an « … le stock actuel de bois sur pied doublerait en un siècle ». Comment, alors, considérer les propos souvent repris depuis quelques mois dans certains médias selon lesquelles la France manquerait de 4 à 5 millions de m3 de résineux par an ?

 

Bien au contraire, à la lecture des propos tenus par les auteurs de la revue Agreste ne serait-il pas opportun de renforcer et développer les activités de transformation ?  Deux raisons majeures invitent à suivre cette voie. Dans un contexte économique où l’industrie du bois représente le second pôle déficitaire de la balance commerciale française (7 milliards d'Euros), il convient naturellement d’agir pour en réduire le déficit. Le développement de la  Forêt et de l’utilisation du bois contribuent à la lutte contre les changements climatiques. « La forêt française stocke l’équivalent de 138 millions de tonnes de CO2 par an dans sa biomasse aérienne ». Les forêts françaises par ailleurs absorberaient annuellement 7 % des gaz à effet de serre émis en France.

Nos forêts, sans doute les mieux gérées de l’Union Européenne,  préservent donc bel et bien leur avenir et, de fait, répondent parfaitement à la définition du développement durable telle que élaborée par l’ex-Premier Ministre norvégien, Madame Gro Harlem Bruntdland : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

 

Didier VERLYNDE

 

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Photo Didier Verlynde

 

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image satellite de la forêt française (Photo : NASA)

 

Nota : En France métropolitaine, les forêts occupent actuellement près de 29 % du territoire. Elles sont pour trois-quarts de statut privé. Elles sont d’une grande diversité tant du point de vue de leur structure que de leur composition spécifique.

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