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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:45

photo-16.jpgParis – 17 janvier 2014 - La suppression annoncée de la part familiale des charges patronales est une initiative que l’on peut saluer, surtout venant d’un Président socialiste (élu avec cette étiquette) qui a enfin compris que le coût du travail est une donnée primordiale dans la compétitivité des entreprises.

Malheureusement au-delà du choc du chiffre de 30 milliards d’Euros annoncé (en réalité 10 Mds d’€ puisqu’il intègre l’enveloppe réservée au CICE, jusqu’à preuve du contraire), la mesure sera très largement insuffisante pour relancer l’emploi.

 

Il faut rappeler que le taux de marge des entreprises françaises par rapport à leur chiffre d’affaires (base 100%) est retombé à 27,7 % au 3ème trimestre 2013 (30,4% en 2003), niveau très bas, à comparer aux 40 % atteints en Allemagne. Cette situation a naturellement eu pour effet d’affecter gravement la structure financière des entreprises, particulièrement les PME et les TPE, qui se sont appauvries et ont vu leur trésorerie se dégrader très régulièrement notamment depuis 2008. 

 

L’intention du Président de la République de supprimer le versement par les entreprises de la part familiale des charges patronales est une disposition en trompe l’œil si l’objectif (la contrepartie ?) visé est l’embauche exclusivement. Trente milliards est un chiffre qui ne veut rien dire si on ne retraduit pas l’effet réel de cette disposition à l’échelle d’une entreprise. Le taux de charges patronales pour la part familiale est fixé à compter du 1er janvier 2014 à 5,25% des salaires bruts versés par l’employeur. A titre d’exemple, pour un salaire brut mensuel de 2 200 €, cette part patronale de charges s’élève donc à 116 € soit 1 392 € par an et par salarié. Une entreprise de 10 salariés bénéficiera donc d’une réduction de charges annuelles de l’ordre de 14 000 € … soit environ 1% de son chiffre d’affaires.

 

Si l’on admet que le cout moyen total annuel d’un salarié, toutes charges sociales comprises, s’élève à   35 000 €, cette mesure n’est certes pas ridicule, mais elle est très nettement insuffisante pour inciter les entreprises particulièrement les PME à embaucher. D’autant que l’embauche d’un salarié n’est pas dictée par une mesure d’allègement de charges sociales mais par le montant du carnet de commande et la visibilité sur le marché perçue par le chef d’entreprise. Nous savons que ces deux paramètres ne connaîtront pas d’embellie significative avant 2016.

 

Il semble donc acquis qu’à l’exception des sociétés en développement et à forte croissance, la quasi totalité des entreprises utiliseront cette ressource nouvelle à des fins de reconstitution de leurs résultats et donc de leurs capitaux propres. Cela produira éventuellement et ultérieurement un « effet retard » positif   sur l’embauche, une entreprise saine ou redevenue saine pouvant à nouveau investir et embaucher sous condition d’un marché porteur et pérenne. Par ailleurs cette mesure d’allègement de charges sociales devra s’accompagner d’une réforme de l’impôt sur les sociétés : Il est fort possible qu’un des effets « cascade » de cette mesure de baisse de charges sera d’augmenter le bénéfice des entreprises … et donc les recettes d’impôts (IS) pour l’Etat. Rappelons que le taux d’impôt sur les sociétés est de 33,3 % en France alors qu’il est de 15% en Allemagne.

 

Enfin, plusieurs interrogations subsistent dans cette mesure de baisse de charges. Son financement tout d’abord. A cette heure, rien n’est vraiment établi ce qui conduit certains à justifier le terme de « mesure courageuse » prise par le Président de la République et d’autres d’être convaincus qu’elle est très risquée pour son avenir politique.  L’incertitude se situe également sur le calendrier : A quand la mise en œuvre de cette mesure ? Aucun engagement sur ce point n’a été évoqué ni par le Président ni par son Ministre du travail. Un paramètre est pourtant inéluctable : l’obligation d’une concomitance parfaite entre la mesure effective et son financement : sa mise en œuvre ne pourra donc être que progressive, sans doute sur quatre ans (de 2014 à 2017) ce qui revient à dire qu’elle sera totalement inefficace …

 

Enfin, quelles seront les contreparties exigées par l’observatoire ad’ hoc annoncé ? A priori, la condition ne devrait pas être constatée au niveau de chaque entreprise (ce qui est plutôt rassurant) : alors à quoi bon ériger une nouvelle structure publique … qu’il faudra également financer.

 

Le Président de la République a démontré indéniablement sa prise de conscience tardive de la réalité de l’état de la France mais aussi de l’état de quasi asphyxie dans lequel se situent les entreprises françaises écrasées par la fiscalité, les prélèvements sociaux, les charges … C’est ce que retiendra le monde de l’entreprise. Mais le Président est-il sincère ? En tous les cas, politiquement, le coup semble astucieusement joué. Le retour inéluctable de la croissance en Europe et plus modestement en France, pour 2015, permettra l’annonce de résultats économiques en amélioration dix huit mois avant la prochaine élection présidentielle. Restera aux communicants du Président de transformer l’illusion d’une relation de cause à effet (la mesure prise mardi et la reprise économique), pour assurer sa réélection ! Bien vu … sauf imprévus et nous savons qu’ils peuvent être nombreux.

 

 

Pascal JACOB

Président de Stratégie & Réseaux (Strat & R)

 

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publié par Pascal JACOB - dans Economie