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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 07:50

Paris, 18 octobre 2010 - A l'occasion du salon de la maison bois 2010 d'Angers, certains médias se sont "enflammées" et tentent de démontrer, une fois de plus, que nos forêts françaises ne sont pas en état d'approvisionner le marché français de la maison en bois ... Ce week-end, la palme revient à TF1, à l'occasion d'un reportage diffusé samedi 16 octobre au journal de 20h, concluant que l'approvisionnement en bois français d'éventuelles scieries industrielles remettrait gravement en cause la diversité de " nos forêts auxquelles les français sont très attachés ..." en s'appuyant sur des témoignages manifestement orientés, ce qui a conduit le journaliste à se prendre magnifiquement les pieds dans le tapis ...

 

Démonstration ...


TF1 16102010

 

Le développement de la maison bois ne représente aucun danger pour nos forêts françaises 

 

Si l'on évoque, par les chiffres, le marché de la maison bois en France, celui-ci est et restera marginal. A défaut de la présence sur notre territoire d'un véritable observatoire économique  de la filière bois que les 140 organisations professionnelles - recensées dans ce secteur - seraient bien inspirées de créer, ce marché représente de l'ordre de 12 000 unités de logements construits annuellement. En étant optimiste, à horizon 2015 il devrait atteindre 20 000 unités de logements. Sachant qu'une maison en bois "médiane" utilise 10 mètres cube de bois sciés par unité de logement (hors charpente), le volume de bois sciés annuel consommé devrait donc se situer à hauteur de 200 000 mètres cube à destination de ce marché c'est à dire représenter à peine 1/4 de la production d'une seule petite scierie dite industrielle ... ou encore plus révélateur : à peine 5% des importations annuelles de bois sciés vers notre territoire ... une goutte d'eau qui ne permet pas de prétendre que le développement de la maison bois en France remettra en cause la diversité des forêts françaises.

 

Oui, la France doit se doter d'unités industrielles de sciages de résineux parce qu'elle dispose des capacités en ressources permettant de les approvisionner

 

Notre espace forestier n’a cessé de progresser au cours des 160 dernières années. Si la forêt ne couvrait en 1850 que 9 millions d’hectares, elle recouvre aujourd’hui quelques 16 millions d’hectares (30% de la superficie de la France). La progression a particulièrement été spectaculaire dans la seconde moitié du XXe Siècle au cours de laquelle les surfaces boisées se sont accrues de plus de 50% passant de 11 millions en 1950 à 17 millions d’hectares en 2004 (sources Agreste). 

Pour autant, l’augmentation de la récolte de bois ne profite pas au développement des activités de sciages dans un pays mal préparé aux attentes du marché. En effet, la France se voit contrainte  chaque année d’importer près de 4 millions de mètres cubes de sciages résineux. (Cf. l’article publié le 25 août 2010 : Forêt et bois, le paradoxe français : La production de sciage régresse de 10% alors que les importations augmentent de 20% ...)

Cette progression de la forêt française et ces volumes de bois sciés colossaux importés  plaident en faveur de l’implantation sur le territoire national de véritables "complexes bois intégrés" en capacité de répondre aux besoins et attentes d’un marché demandeur de sciages de bois résineux, traités, séchés rabotés et voire pré-transformés : particulièrement à destination des secteurs de la charpente industrielle, traditionnelle, lamellée-collée, de l'ossature bois ...

 

 

La France exporte des bois ronds par trains entiers et importe massivement des bois sciés  : à qui profite le discours de la pénurie de bois sur pied en France ... ?

 

Les plantations de résineux qui ont été réalisés sur notre territoire dans les années 50, 60 et 70 grâce d'ailleurs aux effets très positifs du FFN (Fonds Forestier National) concernent majoritairement des essences de bois à récoltes courtes. Cela demande, bien entendu, de récolter davantage mais également et surtout de réorienter sur le territoire national une partie des volumes bois ronds exportés sans transformation et qui ne peuvent être transformés en France, pour l'instant, faute de scieries industrielles.

A ce sujet, rappelons l'article paru sur ce blog le 12 septembre 2010 : " Mais où filent donc nos résineux ? " dénonçant l'exode des arbres provenant des forêts françaises exportés sous forme de grumes par trains entiers à destination de l'Allemagne ou de la Belgique pour y être transformés ... et revenir sur notre territoire en bois sciés et valorisés, contribuant ainsi à creuser la courbe du chômage et augmenter le déficit de la balance commerciale de la filière bois française soit ... 6 milliards d'Euros le plus important de notre pays après celui de la sécurité sociale !!!


IMG 3736

Pascal JACOB : " ... Mais où filent donc nos bois résineux ? "

 

Décrypter le discours de ceux qui dénoncent "l'impossibilité d'industrialiser le sciage des bois résineux en France"

 

Sous couvert d'un discours très noble en promouvant  " la protection de la biodiversité de nos forêts " et en évoquant plusieurs problèmes structuraux notamment : " leur insuffisance qualitative par rapport au marché, leur morcellement, leur faible taux de replantation actuel ainsi qu'un système d'approvisionnement des unités de sciages en matière première très disparate ", certains gros industriels français ne voient évidemment pas d'un très bon oeil l'arrivée de "pôles bois industriels et intégrés" évoqués dans le reportage de TF1.


En effet, ces futures nouvelles unités, indispensables au marché français et qui seront portés obligatoirement par des investisseurs étrangers (en raison du montant importants des investissements et de la faible capitalisation des scieries françaises), auront pour vocation, bien sûr, le sciage de grumes mais surtout seront producteurs de bio-combustibles (pellets) et d'énergie verte (électricité et chaleur)  à partir des produits connexes issus de la transformation des grumes (écorces, sciures, ...). Ces nouveaux complexes de nouvelle génération, ultramodernes génèreront des modèles économiques extrêmement rentables et permettront à ces futures scieries (plus proches de centrales électro-thermiques que scieries d'ailleurs) de placer sur le marché français (mais également européen et même mondial) des produits particulièrement compétitifs d'origine française destinés au marché de la construction (par exemple, des sciages résineux de pays de qualité C24 et C30, c'est à dire de grande qualité, mais aussi des bois massifs reconstitués, aboutés voire lamellés-collés ...) attendus par tous les professionnels de l'aval de la filière bois ...


Cette concurrence est visiblement jugée extrêmement dangereuse par quelques industriels endogènes (mais aussi exogènes) défendant, par tous les moyens, leur pré-carré ... aux fins de partager, en toute tranquillité pour l'instant, un "juteux gâteau", pardon la forêt française ...

 

Pascal JACOB (c) 18 octobre 2010

 

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La forêt française est l'une des plus importantes d'Europe en volume de bois sur pied, la 3ème en surface.

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publié par Pascal JACOB - dans Ressources forestières