Le développement de la maison bois en France passera inéluctablement, d’une part, par les segments de marchés sur lesquels s’appuie la croissance de la maison
individuelle au sens large et, d’autre part, par la capacité des professionnels (industriels et constructeurs spécialisés bois) à proposer une offre compétitive par rapport aux «
standards » de la construction appelée à tort « traditionnelle » (parpaings, briques).
Quelles sont donc les évolutions du marché de la maison individuelle en France ? Comment est structurée l’offre et pour quelle demande ? Les quelques
chiffres cités ci-dessous aideront à mieux comprendre les axes que la maison bois doit suivre pour s’imposer, ou plus objectivement, pour occuper une place moins ridicule qui encore la sienne en
2006 dans notre pays.
Le marché de la construction neuve en très forte hausse
L’activité de construction de logements neufs a représenté, en France, un chiffre d’affaire de57,4 milliards d’euros pour l’année 2005. Elle devrait progresser entre5et 6,5% en 2006 !!
400 400 logements ont été mis en chantiers en 2005contre 363 000 en 2004
(+10,3%). En 2006, ces mises en chantiers varieront entre 417 000 et 424 000. Dans le logement individuel, la variation 2004/2005s’élève à +5,5%
(228 000 logements en 2005) et les mises en chantiers devraient se osciller entre 233 000 et
235 000 logements. Quant au logement locatifs, ce marché est encore plus actif puisque la variation
2004/2005a atteint +17,4% et devrait dépasser 185 000 logements en 2006.
Il faut signaler que cette production de logements est toutefois très inégale d’une région à l’autre. 4 régions se distinguent particulièrement avec un taux de
croissance exceptionnel : le Nord-Pas De Calais (+48,5%), la Champagne-Ardennes (+35,6%), la Bourgogne (+33,9%) et enfin l’Alsace (+31,6%). Certaines régions pourraient connaître de tels taux de croissance mais sont
fortement handicapées par le coût du foncier : c’est notamment le cas de l’Ile de France, du Languedoc-Rousillon et de la Côte d’Azur.
Plus spécifiquement, le marché de la maison individuelle en France est porté par des éléments structurels forts, dont la vitalité s’explique notamment par une
situation de pénurie d’offres de logements, due à une insuffisance de production de logements neufs pendant de très nombreuses années, besoins en logements qui, face à l’évolution du nombre des
ménages (+ 230 000 nouveaux (jeunes) ménages par an), exigent la production de plus de 320 000 logements annuellement.
Enfin, sur le plan conjoncturel, ce marché a été est porté a été porté par 4 facteurs fondamentaux stimulant considérablement la demande :
- une baisse continue des taux d’intérêts,
- l’allongement de la durée des prêts,
- le développement de l’ingénierie financière (taux révisables, modulables…),
- la concurrence bancaire où les produits « prêts immobiliers » restent un élément fondamental de fidélisation de la clientèle.
Le marché de la maison individuelle en secteur diffus : L’offre
Rappelons que +/- 233 000 logements seront mis en chantiers en 2006, dont 80% en secteurs diffus et 20% en secteur groupé. L’offre de maisons individuelles en
secteur diffus en France est structurée en trois grandes familles :
Les constructeurs Cmistes (62%) : Ils réalisent la vente de maisons « clefs en mains » dans le cadre
juridique du contrat de construction de maison individuelle (Loi du 19.12.90) qui, dans 23% des cas, sont entrepreneurs, et dans 77% des cas, sous-traitent les travaux.
Les concepteurs (18%), autrement dits les architectes et les maîtres d’oeuvre qui assistent le maître d’ouvrage
soit en mission réduite à la conception, soit en mission complète avec sélection des entreprises et surveillance des travaux (les architectes diplômés représentent environ 8% du marché).
Les artisans en direct (20%)(auto-construction) : On retrouve dans cette catégorie les maçons qui
construisent pour le compte d’un maître d’ouvrage sans intervention d’un concepteur. (L’auto-construction est insérée dans cette catégorie).
Le marché de la maison individuelle en secteur diffus : La demande
On peut résumer cette demande par la nécessité grandissante d’acheter pour se loger et retenir que la population concernée est majoritairement sociale, présentant
des revenus modestes et moyens (75% des ménages accédants en maisons individuelles ont un revenu net mensuel qui se
situe entre 1.700 et 3.500 euros dont 40% inférieur à 2.300 euros).
Néanmoins on constate que, quelque soit l’origine de la demande, on assiste aujourd’hui à une évolution inéluctable vers des attentes de plus en plus fortes sur la
qualité des services du constructeur mais surtout celle du produit qu’il construit. La demande de maison de qualité n’est donc plus l’apanage des maisons « très haut de
gamme ».
Développement de la maison bois : ne surtout pas se tromper de cible …
Souhaiter une croissance importante de la maison en bois en ne regardant qu’en direction des marchés isolés, c'est-à-dire ceux au sein desquels elle
« végète » depuis des décennies serait donc une profonde erreur au regard de ces chiffres. Pourtant, un certain nombre continue à penser et surtout à démontrer que la maison bois doit
être réservée à des segments de marchés « intermédiaires » et « haut de gamme ». Le bois disposerait-il d’un secteur privilégié dans la construction ? Celui des
maisons à forte valeur ajoutée architecturale, écologiques pour la plupart, différentes, plus grandes, composées de volumes originaux, de meilleure qualité, et enfin que ce noble matériau dont
elle s’inspire majoritairement ne soit pas réduit à une place « honteuse » dans la construction, c'est-à-dire là où il ne se voit pas …
Or, les réalités du marché de la maison individuelle sont bien différentes. La demande la plus forte se situe principalement sur le segment de la
« primo-accession » laissant peu de place à l’originalité esthétique et surtout peu de place aux gros budgets …
La maison bois, pour s’imposer doit donc convaincre d’abord et avant tout sur ce marché de masse en recherchant une compétitivité par une industrialisation
maximum.