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8 janvier 2006 7 08 /01 /janvier /2006 15:34
Par Pascal JACOB (8 janvier 2006)

 
Le bois dans la construction souffre toujours de préjugés défavorables, pour la plupart, non fondés, et de freins culturels liés à sa durabilité, à son comportement face à diverses agressions (biologiques, le feu, le grisonnement, …).
Ce blog est là pour reprendre, au fil du temps, tous ces préjugés défavorables, un par un, et apporter des avis éclairés, argumentés et incontestables dans l’objectif de contribuer à inverser cette tendance.
 
 
Mais parmi ces préjugés défavorables, il est un qui touche au « nerf  de la guerre » : le prix ! Vous vous êtes sans doute déjà posé la sacro sainte question : « Une maison en bois est-elle moins chère ou plus chère qu’une construction en maçonnerie ? » en ayant déjà en tête une réponse du style : « Le bois est plus cher et plutôt réservé à des ouvrages particuliers ou l’esthétique prime sur l’économique … »
 
Par acquis de conscience, vous vous êtes alors tourné vers les professionnels de la construction bois ou bien vers les organisations les représentant … et là, plus de doute possible : Ils vous l’ont tous dit et redit : le bois est plus cher de 10, 20, 30 % !!
 
Donc, vous l’avez cru … et cela fait 25 ans que cela dure !
 
Les maisons bois sont plus chères parce que plus grandes et plus complexes  …

En regardant de plus près l’étude réalisée par le Cabinet CARON MARKETING en 2003 pour le compte du CNDB1 à la demande des organisations professionnelles, on s’aperçoit que 85% des maisons individuelles construites en bois en France (soit 3800 sur les 4500 à l’époque) en secteur diffus et privé, le sont par des Maîtres d’Ouvrages particuliers de classes moyennes, et pour leur majorité, de classes supérieures. Il est donc tout à fait naturel que le prix de ces maisons soit élevé (à partir de 125 000 €) parce qu’elles sont tout simplement plus grandes, plus complexes dans leurs formes. De surcroît, elles utilisent pour la plupart des composants « haut de gamme » et elles sont très souvent conçues par des architectes dont la créativité et l’expression de volumes originaux est plus permissive dès lors que le bois est choisi … Ajoutons que ces maisons sont bien souvent uniques, sur mesure, cette catégorie de Maîtres d’Ouvrages « pro-bois » réfutant le principe d’une maison sur catalogue ou bien obéissant à un standard de formes, de surfaces ou de composants.     
 
La majorité des professionnels (donc pas tous …) de la construction de maison en bois estime que leur positionnement sur ce segment de Maîtres d’Ouvrages issus de classes moyennes et supérieures doit être exclusif. Selon eux, proposer des maisons en bois pour les couches sociales plus populaires dénaturerait leur communication, vulgariserait ce matériau et le placerait à un niveau où il ne doit pas être. En d’autres termes, entretenir l’idée que le bois est cher n’est pas pour déplaire à tout le monde …
 
Cette vision très restrictive du sujet contribue, selon moi, à mettre en marge le matériau bois au sein du marché de la maison individuelle qui, je le rappelle, représente tout de même 64 % de la construction des logements neufs et 73 % des surfaces totales des logements construits2
 
 
Quelle offre de maison en bois pour les Cmistes ?

La construction de maisons individuelles en France, pour la majorité du marché (62%), est réalisée par des constructeurs de maisons individuelles (dits « CMISTES » dont l’offre est la vente de maisons « clefs en mains » dans le cadre juridique du contrat de construction de maison individuelle (Loi du 19.12.90) qui, dans 23% des cas, sont entrepreneurs, et dans 77% des cas, sous-traitent les travaux)4.
 
Ipso facto, une minorité de maisons individuelles sont conçues par des architectes (18%). Rappelons que la signature des permis de construire par un architecte n’est pas obligatoire en dessous d’une surface hors œuvre nette de 170 m2 … soit 90% des cas. Sur 200 000 maisons construites chaque année en France, les « Cmistes » s’imposent donc dans plus de 120 000 cas !! Ils s’adressent principalement au marché de masse dont les ménages primo accédants sont évidemment très largement majoritaires. Ces ménages présentent des revenus modestes et moyens : 75 % d’entre eux accédants en maisons individuelles ont un revenu net mensuel situé entre 1.700 et 3.500 euros dont 40% inférieur à 2.300 euros4
 
Il en résulte donc des coûts de constructions très bas générant des prix de vente se situant entre 70 000 et 90 000 € TTC clés en mains (pour 75 à 95m2 habitables en moyenne) constituant un prix de marché immuable ! Cette situation restera figée pour longtemps compte tenu de l’explosion du prix du foncier.
 
Le problème n’est donc pas de savoir si une maison en bois – quelle que soit la technique utilisée (ossature bois, blocs massifs reconstitués, bois massifs empilés, poteaux poutre) est moins chère ou plus chère qu’une solution traditionnelle, mais plutôt de savoir comment le bois peut s’imposer à ce niveau de prix marché …
 
Je citerai ici une anecdote révélatrice d’erreurs de jugement à ne pas commettre sous peine de déconvenue sévère : Il y a quelque temps, un très grand constructeur de maisons individuelles a voulu déjouer les règles établies de l’économie de marché en lançant, à destination de sa clientèle primo accédante, une très large gamme de maisons en bois « tendance » à prix « décrochés » vers le haut, en considérant que le simple fait d’utiliser ce matériau noble, esthétique, permettant une architecture différente …suffirait à convaincre les ménages aux budgets étroits … le flop fut total !!! Conclusion : Pour imposer le bois, il faut, en premier lieu, s’en imposer le prix.
 
 
Le matériau bois : point concourrant de deux logiques inéluctables ...

En réalité, que recherchent les Cmistes dans leur grande majorité aujourd’hui ? Recherchent-ils une offre différente, notamment esthétique,  où le bois est au centre de cette différence ? Naturellement non. Ils recherchent, en fait, d’autres « process » de construction plus industrialisés, synonyme de qualité maîtrisée, et plus orientés vers la filière sèche dans l’objectif de maîtriser leurs coûts de revient, de réduire leurs coûts de non-qualité sur les chantiers, de limiter les « empilages » de sous-traitants, et de maîtriser voire de réduire leurs délais de construction. Les constructeurs évoluent donc dans «  la logique de réduction des coûts de revient et l’optimisation des délais » motivés par les deux constats suivants :
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-  Au cours des trois dernières années, les coûts d’accession ont augmenté d’environ 8 % par an, alors que l’augmentation moyenne des revenus a été inférieure à 3 %, soit un écart de plus de 5 %.4
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- Les délais d’achèvement actuels ne s’améliorent pas et pourraient même se dégrader en lien avec le boum de la construction individuelle. La proportion de maisons individuelles dont les travaux sont achevés en moins d’un an est passée de 62% en 2000 à 58% en 2002 (et de 29% à 26% pour l’individuel groupé)3.
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Durée des travaux pour le logement individuel pur
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir) :
 
 
 
Ceci dit, Les Cmistes doivent également tenir compte de plus en plus des nouveaux critères de choix des maîtres d’ouvrages (quelles que soit leur couches sociales). Ces derniers aspirent en effet à vivre dans un habitat plus sain, utilisant des matériaux renouvelables et présentant des avantages thermiques, écologiques, technologiques et esthétiques. Bref, « la logique de l’habitat durable et environnemental » est donc en passe d’apparaître comme un leitmotiv pour les prochaines années. 
 
Je confirme que le matériau bois est le point concourrant de ces deux logiques :
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-  La logique de « filière sèche industrielle »
- La logique du logement durable et environnemental
 
 
Il est aujourd’hui très facile de démontrer qu’il est le seul matériau de construction à revendiquer une telle position.
 
> La logique de « filière sèche industrielle »
 
La fabrication industrielle de façades, de planchers, d’éléments de toiture constituées à la fois de la structure porteuse, de l’isolation thermique, des menuiseries et des fermetures extérieures, des composants de vêture extérieure (crépi) sur isolation complémentaire extérieure, du pare vapeur intérieur, des vecteurs d’énergie et de fluide et enfin de la vêture intérieure répond totalement à la première logique.
 
Le produit quasi fini résultant de cette association d’éléments en usine assure aux constructeurs une certitude de qualité en matière d’assemblage d’éléments de structure et de conformité thermique et d’étanchéité à l’eau à l’air. A ce stade, que les éléments de structure soient en bois ou non n’a plus guère d’importance. C’est le process conduisant à une offre « intégrée » et son résultat qualitatif qui priment. Mais il se trouve qu’à ce jour, il n’existe pas, en France, d’offre structurée et opérationnelle de fabrication industrielle de façades autre que celle utilisant le matériau bois comme composant de structure.
 

Quatre Maisons filière sèche industrielle (ossature bois Pobi - Groupe Jacob) Maison Pierre - Réalisation 2005 - Corbeil (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
 
 
La compétitivité économique de ce process est atteinte dès lors que la production est industrielle. Pour qu’elle le soit, le constructeur doit admettre un certain nombre de conditions préalables se résumant ainsi :
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- Etudier et adapter conjointement avec l’industriel ses modèles de maisons (en d’autres termes, ne pas imposer unilatéralement ses choix volumiques, géométriques et dimensionnels)
- Eliminer l’idée de concevoir des maisons « sur mesure »
- Réduire à 3 ou 4 modèles son catalogue
- Atteindre des « effets sériels » des composants fabriqués
 
 
Il ne faut pas oublier - dans cette logique industrielle - que les phases de logistique (transport) et de mise en œuvre restent essentielles. Ces phases font appel à des entreprises très spécialisées, équipées judicieusement de moyens de levage adaptés aux composants industriels à mettre en œuvre sur les chantiers. La relation « conjointe et solidaire » entre l’industriel, le logisticien et l’entreprise chargée du montage-levage est primordiale et ne doit pas être un point d’arrêt pour le constructeur qui doit avoir en face de lui un seul interlocuteur.
 
 
> La logique du logement durable et environnemental
 
 
Aujourd’hui la principale raison conduisant à construire de manière durable est bien évidement la préservation de la qualité de l’environnement. Les méthodes de construction actuelles et surtout nos niveaux de vie moderne épuisent nos ressources naturelles et dégradent notre environnement.
 
A mon sens, l’élaboration d’une approche politique (et commerciale) du logement et donc de l’habitat individuel doit s’appuyer sur une conception globale du bâtiment durable. Les ressources de base requises pour minimaliser l’impact écologique des activités de la construction au sens large sont l’énergie, les matériaux et l’eau. L’optimisation de l’usage de ces ressources a pour corollaire une réduction de l’impact négatif sur l’environnement.
 
Le bâtiment durable est le résultat logique d’une construction de qualité. Une maison individuelle de qualité est une construction qui est sûre et saine (non seulement pour les occupants, mais aussi pour les corps de métiers concernés dans la phase construction), confortable (confort thermique, climatique, acoustique et visuel), durable, efficace sur le plan des ressources (capital, énergie, eau, matériau, transport des matières premières et transport des produits finis), adaptable et esthétique …
 
Le bois est totalement en phase avec cette démarche, cet « état d’esprit » et cette logique de logement durable et environnemental car :
 
Il Impacte favorablement sur le plan de l’énergie :
 
- sa provenance locale réduit les coûts et la pollution liés au transport du matériau à l’état brut
- La transformation du bois mobilise peu de matière et d'énergie (400 fois moins que le béton pour la même quantité mise en oeuvre)
- Construire bois, c’est améliorer son confort et son cadre de vie tout en maîtrisant l’énergie (le bois permet de supprimer tous les ponts thermiques d’une construction et d’atteindre également des performances conformes à la nouvelle réglementation thermique RT 2005 sans surcoût pour le client final)
- La décomposition ou la combustion du bois rejette dans l’atmosphère la quantité exacte de carbone absorbée lors de la croissance.
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Il impacte favorablement sur le plan des matériaux :
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- La construction de maisons individuelles en bois limite les travaux de fondations dont la mise en oeuvre est coûteuse et peu respectueuse de l’environnement
 
 
Il impacte favorablement sur le plan de l’eau
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- La transformation du bois ne génère pas de pollution de l'eau (ni d’ailleurs de l’air et du sol)
- La construction bois est par définition « sèche » et n’utilise pratiquement pas d’eau contrairement au béton et ciment fabriqué à partir de liant hydraulique …
 
 
Conclusion : L'avenir appartient au bois

Cette notion de compétitivité est donc plus complexe qu’elle n’y paraît. Elle ne peut pas se réduire uniquement aux aspects purement économiques. Une maison individuelle compétitive doit également apporter des réponses concrètes en matière d’économie d’énergie au sens large dans un contexte de réchauffement climatique, d’épuisement des réserves d'énergies fossiles et de dégradation de l’environnement.
 
Le bois dispose déjà d’un avantage déterminant par rapport à ses concurrents dans le domaine de la consommation énergétique spécifique (c'est-à-dire la quantité d'énergie fossile consommée pour amener la matière première à l'état de matériau fini, utilisable par le fabricant).
 
Associer ces avantages environnementaux uniques et inégalés par les autres matériaux de construction avec la mise sur le marché d'une d’offre industrielle d'un système constructif pensé, réfléchi et conçu avec ce matériau assurant la fonction de structure porteuse permet aujourd’hui d’affirmer haut et fort : « Oui le bois est compétitif sur le marché de la construction de maisons individuelles ».
 
 
 
 
 Références :
(1) Comité National pour le Développement du Bois
(2) Source UNCMI (Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles)
(3) Source : Economies & Statistiques – Ministère de l’Equipement
(4) Source UNCMI (Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles) – Chiffres 2004
 
 

 



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publié par Pascal JACOB - dans Maisons & constructions bois