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29 décembre 2005 4 29 /12 /décembre /2005 06:24
Par Boisphile (29 décembre 2005)

 
La loi sur l'air aura dix ans fin décembre 2006, certes oui, mais est-ce une réelle volonté politique ?
En effet, bien que votée fin 96, il a fallu attendre 98 et le rapport Bianco pour que J. Glavany annonce un décret d'application.
 
Décret d’application favorisant l’emploi du bois dans la construction : l’arlésienne !!
 
Mais de querelles de clocher en conflits d'intérêts, ce n'est qu'au premier trimestre 2001 que sort le premier décret d'application, immédiatement contré par la filière concurrente, il faut attendre trois ans pour une nouvelle mouture, puis à nouveau dénoncé parce que soit disant pas suffisamment incitatif, ce n'est en fait que cette fin d'année 2005 que JL Borloo annonce sa signature, ce qui est une très bonne nouvelle, mais à ce jour il n'est toujours pas paru au JO de la République. 9 ans de gestation, une vraie volonté d'enfer !!!
 
"L'augmentation de la part du bois dans la construction est devenue un objectif majeur auquel l'ensemble des partenaires publics et professionnels ont souscrit en se fixant comme objectif d'augmenter la part du marché du bois de 25 % à l'horizon 2010. "
 
Il est louable de se fixer un objectif, surtout quand celui-ci est fixé avec un horizon de 14 ans, mais ce sont surtout moyens et volonté politique qu'il faut se donner pour atteindre cet objectif, faute de quoi, en 2011 on nommera une commission qui sera chargée d'analyser les résultats, qui attendra deux ans pour remettre son rapport, à la suite duquel quelques mesures seront prises et avec elles un nouvel objectif dix ans après et nous voilà arrivés en 2022.
 
Le bois avance, certes, mais à quelle vitesse ?
 
Pourquoi des offices HLM construisent régulièrement en bois et pourquoi d'autres trouvent toujours une bonne raison pour ne pas le faire ? Il suffit de se pencher quelques secondes sur le dossier des villes et des logements sociaux pour s'apercevoir qu'il ne suffit pas d'une loi pour faire avancer les choses … surtout au regard des freins « structuraux » qu’il convient de dénoncer :
 
> 1er frein : Les collectivités et les services instructeurs ...
 
Ainsi encore aujourd'hui, combien de communes en France refusent la construction bois, un bardage bois, combien de DDE rechignent encore sur des projets bois ? L'état n'aurait-il pas intérêt à imposer plus de constructions de bâtiments publics bois, écoles, maisons de retraite, logement sociaux ? 
 
> 2ème frein : Les règles et passages obligés … à la française 
 
Du côté réglementaire, il convient de se poser également des questions sur l'intérêt général de la promotion du bois et son développement dans la construction, lorsque des organismes officiels, pour que certaines personnes prouvent le caractère indispensable de leur poste, imposent des règles, des essais, des tests, des études, des démarches longues et coûteuses, pas toujours justifiées et souvent redondantes par rapport à des normes européennes existantes.
 
Posons-nous la question de l'utilité des textes réglementaires français : DTU, règles professionnelles et autres annales souvent plus exigeantes que les normes européennes existantes. Y a t'il plus de pathologies chez nos voisins scandinaves, allemands, anglais, belges, hollandais, pour que nous imposions des règles plus strictes que chez eux. En matière d'utilisation du bois dans la construction, ils ont bien plus d'expérience que nous.
 
> 3ème frein : Le rôle des bureaux de contrôle
 
Il faut aussi évoquer le cas des bureaux de contrôles, qui ont pleins pouvoirs sur les chantiers, pouvoirs d'accepter ou de refuser un produit ou une technique sous des prétextes discutables. Par exemple, pourquoi un produit serait-il accepté dans certaines régions et pas d'autres par le même bureau de contrôle ? Pourquoi un produit serait-il refusé dans une utilisation précise sur un chantier, par un bureau de contrôle et accepté pour la même entreprise dans la même configuration sur un autre chantier quelques kilomètres plus loin par un autre bureau de contrôle ? Pourquoi suffit-il de connaître le contrôleur principal d'un bureau de contrôle au siège parisien pour faire changer l'avis d'un contrôleur technique en région ?
 
Le bureau de contrôle est à la fois juge et partie, il refuse un produit dans une utilisation précise sur un chantier, mais il suffit d'une enquête de technique nouvelle, bien sur effectuée par le dit bureau de contrôle pour que le même produit, dans la même utilisation et sur le même chantier soit comme par miracle accepté. 
 
> 4ème frein : pas de financement de la recherche = pas d’innovation
 
Parlons innovation : L'artisanat, première entreprise de France, du talent, de la compétence, des idées, certes oui, mais lorsqu'une petite entreprise artisanale a une bonne idée pour faire progresser l'utilisation ou une application du bois dans la construction et pour autant que cette utilisation soit structurelle, tout est mis en œuvre pour la décourager. Avis technique, agrément technique européen, essais, chantiers tests, un parcours du combattant et un coût, dans la plupart des cas, insurmontable pour une petite structure.
 
S'il existe une véritable volonté politique de développement du bois dans la construction, il faut financer la recherche, aider les petites entreprises qui ont un bon projet, leur permettre de communiquer, les aider à trouver des partenariats avec des industriels pour faire aboutir leur projet.
Il est impossible au patron d'une TPE de faire ces démarches en plus des démarches habituelles, de suivre ses chantiers, de faire ses devis, de faire sa gestion et le plus souvent d'être lui-même sur les chantiers.
 
Il y a en France des dizaines de seniors, pleins de bonne volonté, à la recherche d'une petite activité, d'une occupation, d'anciens cadres, des gens qui ont l'habitude de discuter et de négocier avec des partenaires et qui surtout ont le temps.
 
> 5ème frein : La filière bois et ses représentants eux-mêmes …
 
Qui pourrait faire évoluer les choses, les syndicats ou les organisations professionnelles ?
 
Malheureusement leurs présidents, permanents ou autres secrétaires généraux sont englués dans le ""politiquement correct"" il ne faut pas faire de vagues, les moyens financiers manquent et même si la bonne volonté est là, les changements ne peuvent se faire que par le relationnel, donc à petite vitesse.
 
Bref ! ces quelques lignes jetées à la volée, montrent bien qu'il y a beaucoup à faire, que la volonté n'est qu'apparente, sans doute quelque peu électoraliste, des effets de manches médiatiques, la partie émergée de l'iceberg, mais ce qu'il faut, c'est s'occuper des 90% qui ne sont pas visibles.
 
Boisphilement votre.
 


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publié par Boisphile - dans Actions de Pascal JACOB